Quelques fois ça m'arrive d'avoir des révélations sans trop savoir pourquoi. Il faut croire que je suis apte à réfléchir en dépit du fait que j'ai trop tendance à agir avant de méditer longuement sur ce que je compte faire. Actuellement, je peux dire que je vais bien, même si mon corps a tendance à être plus fatigué que ce que je ne l'aurais imaginé. J'espère que je ne couve pas une maladie ou une saloperie de ce genre, parce que j'ai beau dormir, ou tout du moins essayer de dormir, mes paupières sont toujours aussi lourdes, j'ai l'impression de somnoler affreusement et ça a tendance à m'énerver. Je deviens exécrable, et puis je suis démotivée pour tout alors il va falloir que je me remette d'aplomb. Pour se faire, je me pose souvent dans un coin isolé de l'effervescence du monde et je réfléchis, je pénètre dans les entrailles de mon âme pour savoir qu'est-ce qui cloche exactement. Je dois dire que se regarder au moins une fois par semaine dans la glace est un excellent exercice pour se remettre en question, et j'ai toujours reproché à autrui de ne pas savoir faire ces introspections. Car comment peut-on prétendre se connaître en refusant d'affronter ses erreurs, de les analyser point par point ? Je ne sais pas si c'est parce que je suis perfectionniste ou soucieuse de l'image que je dégage, mais je prends presque un malin plaisir à marcher à reculons l'espace de quelques heures, pour m'immerger dans mon vécu. Je revisite chaque scène passée avec mes amis et les autres personnes de mon entourage, jaugeant mon comportement et le leur y compris. Depuis que je suis petite de toute façon, j'ai appris à regarder les autres, à m'intéresser à eux d'une certaine façon. Et quand j'ai compris qu'en lisant je pouvais acquérir du vocabulaire tout en voyageant entre réel et irréel, j'ai pu mettre des mots sur les attitudes de mon prochain. Je m'efforce de trouver un adjectif pour désigner quelqu'un. Pour Mathieu, ce serait altruiste et généreux, pour Florentine franche et loyale, pour moi je dirais rêveuse et idéaliste. Mais en fin de compte, pour tirer le portrait psychologique de quelqu'un, il faut bien plus qu'un simple mot pour le désigner. Cela dit, je trouve ça fascinant, parce qu'ainsi, on peut mieux comprendre l'autre, on sait ce qu'il faut faire lorsque ça ne va pas fort dans sa petite vie. Il ne faut pas croire que chacun aime être entouré quand il va mal, il y en a qui ont tendance à se replier sur eux-même et quelques fois, on n'est pas obligé de les harceler de coups de téléphone pour leur dire qu'on est là. Le silence cependant comblé par notre présence peut suffire à lui faire comprendre qu'il y a encore une vie qui peut se consacrer à lui, si jamais il a besoin de se confier.
Je ne sais pas trop pourquoi j'aime comprendre les mécaniques de l'esprit, mais quand je conçois un nouveau personnage pour un de mes romans ou des forums rpg auxquels je participe, j'accorde davantage d'importance à ce qu'il se passe dans sa tête qu'à son apparence. Parce que, quelque part, je me suis toujours refusée de triompher par rapport à mon aspect physique. Après avoir été beaucoup jugée de ce côté là, je me suis dit qu'on ne peut rien y faire, que de toute façon les gens sont trop cons pour voir au-delà de nos apparences. Cependant, on peut les forcer en agissant intelligemment, en montrant qui nous sommes par nos actions et nos paroles. Je trouve quand même débile et peu pertinent, de se limiter à des habits noirs pour en déduire que la personne est une gothique ou une déprimée de la vie. On peut être habillé en noir parce qu'on aime simplement cette couleur qui n'en est pas vraiment une, et je peux prendre pour exemple ma chère Camille qui porte rarement des coloris vifs, mais qui n'en est pas moins pétillante, souriante et optimiste. Certes, l'apparence physique et le style qu'on véhicule par nos tenues vestimentaires sont un indicateur sur notre personnalité, mais ils peuvent aussi être extrêmement trompeurs. Sans vouloir être égocentrique, je pourrais me prendre pour exemple. On m'a toujours dit que ma petitesse et mon ingénuité vis-à-vis de mon visage, font de moi une personne qui ne doit pas avoir beaucoup de maturité. Je me souviendrai toujours de la déclaration de mon professeur de mathématiques en seconde, qui m'a sorti que je n'étais qu'un "enfant" pour elle, et qu'elle ne me considérait pas assez rigoureuse dans mon travail par rapport à ça. En réalité Madame M, si je n'étais pas rigoureuse dans votre travail, c'est parce que les mathématiques, j'en ai absolument rien à foutre. Il n'y a pas plus inutile dans ma vie que les chiffres, parce qu'ils ont toujours eu le don de m'incommoder, sauf les 0 qu'on ajoute à une somme, et qui peuvent faire naître des millions voire des milliards. Il paraît que sur un chèque, c'est appréciable, et étant donné que j'ai des tendances vénales, je dirais sans hésitation que l'argent est important pour moi, et surtout dans notre société. Mais quoiqu'il en soit, en en revenant à mon apparence apparemment enfantine, je pourrais focaliser mon attention sur mon professeur de philosophie. Visiblement, il aurait dit à mes parents que malgré ma petitesse, il s'avère que je suis une personne forte mentalement, qui a de l'énergie à revendre et qui véhicule quelque chose de positif. J'ai envie de dire tant mieux, parce que mon but n'est pas de m'écraser, parce que je l'ai suffisamment fait pendant plusieurs années, mais d'écraser les autres, dont ceux qui ne daignent pas m'estimer telle que je devrais l'être. Depuis que beaucoup de choses me réussissent, je jouis de cette victoire et je grimpe les marches de mon piédestal l'une après l'autre, en m'efforçant de rester modeste. Parce que oui, bien que je puisse paraître orgueilleuse dans ce billet, je dois dire qu'en revanche, je prône pour la simplicité et l'humilité. J'ai vu trop de cons se réjouir inutilement de leurs prouesses, enfonçant six pieds sous terre ceux qui avaient tout autant du mérite dans leur échec, mais qui se sont fait happer par leur lumière grandissante. Je ne veux pas être un bourreau, je veux juste remettre à leur place ceux qui s'en sont trop éloignés en plongeant dans la débilité profonde, tout en tirant vers le haut ceux qu'on qualifie de "faibles".
Cela dit, la Faiblesse quand elle est associée à une personne, est assez vague. J'ai ri quand un jour j'ai vu sur un forum qu'une fille acquiesçait les paroles d'une de ses soi-disant amies, en disant qu'elle avait eu raison en lui balançant qu'elle n'était qu'une faible. Moi je lui aurais simplement dit, si je la connaissais, en réponse à ces fadaises, qu'on ne peut pas laisser l'autre nous dire qu'on est faible. Sur quels critères se base-t-il ce crétin pour prétendre qu'on est faible ? A-t-il au moins conscience de ses propres faiblesses pour se permettre de dire à son prochain qu'il n'est qu'un piètre faiblard ? Je trouve ça aberrant. Et puis, il faut voir un avantage dans cette faiblesse. Celui qui commence au plus bas, aura toujours la possibilité de remonter la pente, il ne se préoccupe donc que de son ascension, atteignant ensuite le paroxysme du bonheur et de la fierté. Il aura appris beaucoup plus qu'une personne qui se prétend être forte depuis toujours, et dont la dure préoccupation est, en revanche, de ne pas tomber de haut. En cela, le faible apprend beaucoup plus que celui qui se prétend invincible, trahissant cependant ses failles en le clamant haut et fort. Ne dit-on pas que c'est celui qui en dit le plus qui en fait le moins ? En gros, il faut toujours prendre pour faible ceux qui prétendent être le contraire. Et puis, aucun homme ne possède pas de faiblesse car autrement, ce ne serait pas un être humain mais divin. Et puis, la perfection n'est qu'un idéal car derrière elle se trouve toujours un cadeau empoisonné. Il faut toujours se méfier de ces gens qu'on adule car en fin de compte, ils ne valent pas mieux que nous. On est tous égaux de ce côté là, et nous avons chacun notre propre force ainsi que nos propres faiblesses car nous avons tous un vécu différent. Certains puiseront leur Force chez leurs amis, d'autres ne pourront avancer qu'en étant individualiste, extrayant ainsi leur puissance d'autre chose.
Tout ça pour dire que l'Homme est très intéressant. Je suis dans une période où je refais toute mon orientation post-bac et je dois dire que le social et plus particulièrement la psychologie m'intéressent fortement, au même titre que l'Art. Je pense que je ne garderai ce dernier qu'en tant que centre d'intérêt, me consacrant ainsi aux autres à plein temps. C'est quelque chose qui m'a toujours tenu à coeur, et ça me rassure de voir que ça me plaît toujours, que j'ai toujours un semblant d'énergie qui naît en moi, lorsque je viens en aide à mon prochain.